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Mercredi 3 septembre 2008
Comment résister à une envie irrésistible de gifler un homme ?

L’attendrissement n’a pas duré plus loin que le soir même… Heureusement ! Y. est rentré tôt ce soir ce qui me semble être un bon signe… pour se coller devant la télé avec un verre de raki… Et que je sois obligée de préciser que moi aussi je boirais bien un verre. Les minutes passent, en dizaines, et alors que je m’allonge contre lui, il semble se passionner pour le résultat du championnat de football turc. Moi, le foot, cela ne m’intéresse que lors de la coupe du monde ou de la coupe d’Europe, et en plus une émission sportive en turc… Je pourrais en profiter pour améliorer mon vocabulaire turc, mais j’ai d’autres projets en tête. Ni ma jupe qui remonte sur mes jambes, ni mon corps qui se love contre le sien, ni ma main qui caresse son torse ne paraissent lui donner l’idée de se trouver une autre occupation pour la fin de soirée. De guerre lasse, je pars m’allonger sur le lit, espérant sans trop y croire qu’il va finir par me rejoindre.
Ce qu’il fait au bout d’une bonne demi-heure… pour me demander si je dors, s’allonger au bord du lit et s’endormir, bien que je lui ai répondu que je ne dormais pas du tout ! devant une telle indifférence, je me réfugie moi aussi sur mon bord de lit et m’endors.
Le lendemain matin, une brève étreinte nous réunit, toujours aussi fugace et silencieuse. Ma tête est ailleurs, mon corps agit en pilote automatique, pas très compliqué. Je sais très bien faire, je pourrais tout autant rédiger la liste des courses ou faire le ménage que cela ne me procurerait pas plus de sensations. Il y a loin entre les fantasmes échangés sur msn et la réalité. Qu’est ce qui a bien pu m’exciter en lui ?

Je retrouve Y. en fin de journée en allant consulter mes mails à sa boutique. Il m’offre un raki. J’essaie de lancer la conversation, en vain. On se croirait en pleine séance de méditation. Moi, qui suis tout de même une bavarde impénitente, on ne me reconnaît pas. Il me propose de venir dîner à la pension : Monsieur est trop bon… Je l’y précède, et je n’ai droit ni à un regard, ni à un sourire de la soirée, trop occupé à s’occuper des touristes. Surtout des touristEs, mais après tout, je m’en fiche, c’est normal, c’est son boulot, il fait ça tout l’été être aimable et souriant avec les touristes… J’en arrive à regretter de ne pas être une touriste de passage… Il était charmant comme ça aussi quand je l’ai rencontré les premières fois…
La soirée s’éternise et j’aimerai bien rentrer. J’attends le signal du départ et lui envoie un petit sms lui disant que j’ai envie de lui, en turc… J’espère l’émoustiller un peu, après tout c’est bien ce que l’on s’était promis, non ? Mais j’avais oublié qu’il n’emportait pas son portable le soir… Un coup pour rien.
Il se lève et disparaît sans rien dire à personne. Je m’imagine qu’il va acheter des cigarettes ou plus prosaïquement va aux toilettes. Le temps passe et il ne revient pas. Je commence à m’interroger sur la durée de son absence. L’idée m’effleure qu’il est rentré, mais c’est idiot, il ne m’aurait pas laissé plantée là… Et bien si ! Alors que la soirée se termine et que tout le monde rentre se coucher, il n’a toujours pas réapparu. Son cousin me propose de me ramener à la maison, et je trouve Y. sous la douche ! Je n’en crois pas mes yeux ! Je boues de colère ! Il est parti sans rien me dire, sans se préoccuper de savoir comment j’allais rentrer… et de fait, sans avoir envie que je rentre avec lui. Quand il sort de la douche, je l’attends assise sur le canapé et fumant rageusement. J’attaque bille en tête : « Tu ne pouvais pas me dire que tu rentrais ?! Ça ne te dérange pas de me planter là ?! Tu trouves ça normal que ce soit ton cousin qui me ramène ?! » Réponse laconique : « C’est comme ça, je voulais rentrer. Je suis comme ça, je fais ma vie. C’est pas grave ». Je crois rêver ! Je lui parle de respect, que faire sa vie cela n’empêche pas de se préoccuper un peu des autres, qu’il ne me semble pas l’empêcher de vivre sa vie, que ma présence est plutôt discrète, que je me suis retrouvée comme une conne… et encore plus de lui avoir envoyer un sms gentil, que je suis vraiment trop conne. En réponse, il me demande s’il peut aller ce coucher… ! C’est ça, essaye de me donner l’air d’une virago qui fait une scène pour rien ! Je m’en étouffe de rire ironique et lui rétorque que je ne l’empêche pas d’aller se coucher.
Un moment, plus tard, je le rejoins et me couche, toujours sur mon bord de lit. Sans un mot, et toujours furieuse. Il me prend dans ses bras et me dit que je peux aller dormir dans l’autre chambre si je veux… Non, non, merci, je suis très bien ici, ça ne me dérange pas ! Et la situation dégénère… La chair est faible ! Réconciliation sur l’oreiller. Moi, je n’y crois pas, et je n’y ai jamais cru. Pourtant, je m’échauffe et le désir me vient. Mais un désir de vengeance, de l’avoir à ma merci, de lui montrer que finalement, c’est moi qui décide, que son désir le rend faible. Peut-être illusoire comme sentiment, d’autant qu’à l’instant, je ne sais pas qui est le plus faible des deux. Satisfaction de le faire jouir. Vite balayée quand il renouvelle sa proposition que j’aille dormir dans la chambre voisine. Je questionne, j’insiste : « Tu me demandes d’aller dormir à côté ? Je te dérange ? ». Comme il répond à côté et répète que je peux, si je veux, aller dormir à côté. Et bien, non, je reste là, tant pis pour toi, si cela t’ennuie. Et je me colle contre toi ! Tu n’as qu’à dire les choses clairement. Et je ne veux même pas savoir si c’est un problème d’incompréhension linguistique, une confusion entre « je te dis » et « je te demande » ! Tu n’as qu’à réviser ton vocabulaire.

N’empêche que depuis hier soir, je me dis qu’il serait plus sage et digne qu’effectivement, je m’installe avec armes et bagages dans la chambre d’amis. Qu’il me trouve installée à côté avec toutes mes affaires et retrouve son petit confort dans sa chambre de célibataire. Il n’aura qu’à frapper à la porte si l’envie lui prend… Venir demander. Mais serais-je assez forte pour refuser et lui faire la nique ?


Félicitations deux jours et demi de cohabitation, et encore à temps partiel, et c’est déjà le fiasco. C’est à peu près le temps qu’il nous avait fallu à Istanbul l’année dernière pour nous bouffer le nez… Mais qu’est ce que je suis venue faire dans cette galère ? Ce n’est pas faute de m’y être attendue…

Par Maya - Publié dans : Chroniques capadociennes - Communauté : Relations amoureuses
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